Attentats: se remettre après le choc

Le simple fait d’avoir suivi les événements de ce weekend a suffit pour causer des réactions de stress cliniquement diagnostiquées chez certaines personnes qui ne vivent même pas sur Paris. Tout cela, sans parler des quelques 3 millions de Parisiens qui ont pu ressentir la proximité de l’événement et sont encore sous le choc, ou pire encore, les malheureuses victimes directes de cet effroyable drame.

Les attaques terroristes de ce weekend ont apporté avec elle une foule de répercussions psychologiques, dont l’une des plus graves, le trouble de stress post-traumatique. Le trouble de stress post traumatique s’est déjà caractérisé chez certaines personnes par des difficultés à s’endormir ce weekend, de la difficulté à contrôler sa colère, la perte d’intérêt pour les activités professionnelles depuis ce weekend, des flashbacks, un engourdissement émotionnel et / ou d’autres symptômes. Si non traité, ce trouble peut être complètement débilitant.

Nous sommes actuellement dans une phase de transition. Au travers des images projetées par les médias, nous avons assisté à des scènes d’horreur, des images de sang, des témoignages poignants de familles de victimes, des images de corps inanimés.

Les angoisses sont totalement justifiées et les réactions que nous avons tous pu avoir ce weekend – réactions de peur, d’effroi, d’angoisse, de terreur, et surtout d’insécurité – sont parfaitement légitimes.

Après cette période d’effroi et de choc, lorsque l’on reprend le contrôle, nous sommes confrontés à un passage un peu compliqué, une sorte de sas. Ce passage est difficile à accepter, il ne se traduit pas de la même façon chez tout le monde. Il est important d’identifier la réalité de nos réactions.

« L’erreur serait de dire aux personnes concernées, comme l’ont fait publiquement certains politiques, qu’il ne faut pas avoir peur. Ce serait faire comme si rien ne s’était passé et psychiquement, ce n’est supportable. Au contraire, face aux événements, il est très adapté d’avoir peur, très adapté d’être en colère, très adapté d’être triste pendant les premières semaines, voire les premiers mois. » (source psychologie magazine)

Ces réactions sont difficiles à traverser après une catastrophe majeure et les conséquences sont difficiles à démêler pour les psychologues et les chercheurs. « Nous avons tendance à utiliser la terminologie du syndrome du stress post traumatique de manière très large. En réalité, un grand nombre de personnes auront des réactions traumatiques, mais pas nécessairement de stress post traumatique», a indiqué une experte en psychiatrie.

Les chercheurs se sont déjà penchés sur la synthèse des études menées au cours de la dernière décennie concernant les conditions des personnes après les attentats – ce qu’elles ont ressenti et comment différents traitements, et le passage du temps, ont aidé à surmonter les afflictions mentales. Les anciens modèles d’intervention psychologiques, comme les séances de débriefing, sont à privilégier, mais ne sont pas toujours aussi efficaces qu’il n’y parait, car les gens sont finalement incroyablement résilients et peuvent récupérer par eux-mêmes.

Par exemple, dans le courant de la semaine suivant les attentats du 11 Septembre aux Etats Unis, une psychiatre Américaine –  Priscilla Dass-Brailsford – fut l’une des premières à organiser des séances de débriefing avec les employés de l’une des sociétés financières dont les bureaux étaient installés dans le World Trade Center. Plusieurs employés lui ont manifesté leur choc et « ont été vraiment traumatisés, » en particulier ceux qui avaient été les dernières personnes à parler avec les victimes avant le drame.

Mais finalement, ce ne fut qu’une minorité de personnes, qui étaient sur les lieux d’une des attaques sur le matin du 11 Septembre, qui a souffert du syndrôme du stress post traumatique ou d’une autre réaction de stress sévère. La majorité d’entre eux ont « simplement » éprouvé de l’anxiété ou un stress occasionnel avec « des réactions tout à fait normales, » a expliqué la psychiatre.

Ne pas sous estimer l’ampleur du stress, ni nos capacités naturelles à nous remettre

Étiqueter une personne comme nécessitant un soutien psychologue est normal, en particulier si elle a été exposée aux événements. Cela implique aussi intuitivement »qu’elle ne dispose pas des ressources pour récupérer de son propre chef, sapant efficacement ses propres capacités et ses chances de se percevoir comme une personne plus forte pour résoudre son propre problème. » a expliqué cette psychiatre Américaine.

Si vous avez besoin d’une aide psychologique, un numéro a été prévu à cet effet : le 0800 40 60 05, qui oriente les personnes touchées vers une cellule interministérielle dédiée et permet d’établir « la liste ». « C’est l’outil essentiel pour identifier toutes les personnes victimes et les ayants droit », explique Carole Damiani, Directrice de Paris Aide aux Victimes. L’association fait parti du réseau Inamev, « seul organisme associatif officiel désigné par la circulaire ministérielle fixant les règles de prise en charge », notamment celle des victimes d’attentat. Pour réclamer de l’aide, toute personne se sentant fragilisée peut contacter l’association au 01 45 88 18 00.

Vous pouvez également trouver de l’aide pour le stress post traumatiques, en utilisant le Yoga. Nous vous avons concocté un petit guide simplifié avec des exercices faciles de Yoga.