Gérer sa colère : les bons conseils

Osez la colere qui gueritNous avons tous connu ce momentum, saisissant le cours de notre existence, « lorsque l’individu se heurte à un événement violent menaçant son intégrité physique ou psychique, ou perçu comme tel. C’est là que se dessine le trauma, ou son insidieux avatar le micro trauma, événement anodin de la vie qui fige pourtant le patient en un point de son existence, comme la proie est immobilisée face au prédateur. Corinne Van Loey, psychologue, victimologue, conférencière et enseignante en hypnose, étudie, explore et soigne tous les aspects de cette fixité, depuis plusieurs années. » Dans un livre qui vient de paraitre chez Dangles, Osez la colère qui guérit, elle nous offre le fruit de sa réflexion et de sa riche expérience clinique. « Il s’agit, dans ce travail, de la remise en mouvement de la vie par l’émotion » ajoute dans sa préface, le Dr Grégory Tosti — du Centre de traitement de la douleur Hôpital Ambroise-Paré à Boulogne.

Nous vous proposons de découvrir cet ouvrage avec une première approche qui consiste à repérer les colères invisibles, celles qui ne disent pas leur nom.

« Ce qui la caractérise la colère silencieuse, explique Corinne Van Loey, c’est qu’elle ne s’exprime jamais, et pourtant elle gronde à l’intérieur de nous. En apparence, tout est paisible. Ici, aucune violence ni agressivité, qu’il s’agisse du « coléreux » ou de ses relations interpersonnelles. Cependant, les tensions sont là, bien présentes. Pourtant rien n’est visible, pas de spectacle, seulement du ressenti. Le poids du silence prend ici tout son sens et met à mal le proverbe « la parole est d’argent, le silence d’or ». Sauf à entendre le silence comme plus éloquent que la parole. C’est « mélodie en sous-sol », un silence soudain qui engendre une lourdeur toxique.

Si cette pesanteur se perpétue, elle peut générer — en particulier chez les enfants — la capacité à répondre à cette colère froide par une fermeture radicale qui s’exprime alors par une peur intense, de l’angoisse, un isolement et parfois même une réserve telle qu’elle frôle la phobie sociale.

Paradoxalement, ces situations toxiques peuvent, a contrario, conduire à l’expression d’une colère volcanique, sous la forme souvent qualifiée de « pétage de plombs » pour bien montrer le côté soudain, inhabituel et dérangeant de l’événement. Voilà le double visage de la colère silencieuse. Car toute silencieuse qu’elle soit, elle reste intuitivement perçue comme étant susceptible de s’exprimer ponctuellement et violemment.

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