Nutrition et bonne santé : un choix qui coûte cher

D’après une étude réalisée par l’Université de Cambridge (1), manger sainement coûte trois fois plus cher qu’une alimentation « malsaine ». Les chercheurs, pour arriver à ce résultat, ont examiné l’évolution de prix de 100 produits en fonction de leur valeur calorique. Ainsi, pour un panier moyen à 1000 calories, composé de tomates, saumon, et yaourt,  il faut compter 9,4 euros. Des produits moins sains comme les hamburgers, la pizza ou les beignets coûtent 3,1 euros, à apport calorique identique. L’écart est donc de 6,3 euros entre les deux paniers moyens. Il était de 4,9 euros il y a dix ans. Et on ne parle pas du coût des produits en version « bio ».

Sain contre junk : un facteur d’inégalité en termes de santé

L’auteur de l’étude a ajouté que, s’il fallait s’assurer d’abord que les gens avaient à manger, il fallait aussi veiller à ce qu’une alimentation saine reste abordable. Un choix pas si facile à réaliser lorsqu’on constate que les prix de la « junk food » restent stables, alors que les produits de qualité ont beaucoup augmenté.

Il est clair que l’augmentation de la différence de prix entre les aliments plus ou moins sains est un facteur qui peut contribuer à une insécurité alimentaire croissante et surtout à une augmentation des inégalités dans le domaine de la santé. S’il reste essentiel qu’un jour on propose dès le primaire l’enseignement d’une nutrition saine et équitable aux enfants (et à leurs parents), encore faut-il que la mise en pratique de ces conseils soient possible. En Grande-Bretagne les enseignants rapportent que les enfants arrivent à l’école incapable de se concentrer parce qu’ils n’ont pas pris de petit déjeuner. Ce qui montre que l’effort doit être global, à commencer par réduire la paupérisation des familles.

Comparer viande et légumes, est-ce pertinent ?

Maintenant, il serait intéressant de comparer, pour éventuellement nuancer cette étude, le coût à la semaine, de plats à base de viande et l’équivalent en légumes bio (issus de grandes surfaces). Nous n’avons pas trouvé trace de ce type de comparaison, mais ce serait intéressant de voir le différentiel (soit un bifteck à 15 € le kilo versus un panier de légumes bio à 15 € aussi (4 à 5 variétés de légumes bio de saison + 1 variété de fruits bio de saison aussi souvent que possible + 1 boîte de 6 œufs bio — poids moyen : 4,3kg) et l’avantage financier de remplacer régulièrement la viande par l’association céréales + légumineuses.

Si vous avez des information pertinentes à ce sujet, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires…

(1) : University’s Centre for Diet and Activity Research.

Photo : Dave O (cc)