Comment le stress peut saboter notre self-control

Etude sur stress et self-control
Comment le stress influence nos vies ? Souvent, sans que nous en soyons conscients. Comment une contrariété, vite refoulée et oubliée peut avoir des conséquences importantes sur notre santé et notre comportement ? Nous avions déjà évoqué la question dans ce papier, à propos de la résistance des enfants dans une situation stressante pour eux : devoir se maîtriser et attendre avant de pouvoir déguster de merveilleux marshmallows. Une toute récente étude suisse s’est penchée sur les effets du stress sur notre capacité à nous maîtriser.


Comme l’indique l’étude : « une pointe de stress et nos bonnes résolutions s’envolent… Pour arriver à ses conclusions, l’équipe de recherche suisse a mis 51 volontaires, divisés en deux groupes, face à un dilemme complexe : choisir entre une nourriture appétissante, mais peu saine et une nourriture plus saine, mais moins aguichante. »

Il faut en effet préciser qu’à l’instar des bambins du Test du marshmelow, rappelé précédemment, une présélection de 29 volontaires avait été « préparée psychologiquement avec une « méthode induisant un stress modéré ». En fait, un traitement de choc consistant à plonger la main des volontaires trois minutes dans de l’eau glacée.

Résultat : le groupe stressé était plus tenté par la junk food que la nourriture saine. Ce constat est passionnant, car il montre que, quels que soient nos habitudes de vie et nos efforts, le stress peut prendre le pas sur nos bonnes intentions. La preuve : tous les participants choisis et qui ont « craqué » avaient un mode de vie sain, alliant une alimentation et une hygiène équilibrées et des activités sportives régulières. « En l’espace de trois minutes, le stress aurait anéanti tous leurs efforts… » concluent les chercheurs.

Pourquoi et comment le stress nous rend si faibles ?

Le comment ça marche de la chose est encore assez peu clair. Mais les scientifiques pensent que le stress nous pousserait très souvent à choisir la solution de facilité et surtout la recherche d’une gratification immédiate… quelles que soient les conséquences sur le plus long terme, qu’il s’agisse de manger un marshmallow ou rester en bonne santé. D’ailleurs, n’avez-vous jamais eu envie d’un petit whisky ou de chocolat pour vous réconforter dans une situation éprouvante ?

Bien sûr, il faut tenir compte de nombreuses autres variables qui influent sur nos comportements :  la maîtrise de soi est souvent hétérogène en fonction de notre situation, voire de notre entrainement psychologique, en sophrologie notamment, ou encore de nos antécédents, vécu de la petite enfance, chocs émotionnels antérieurs, etc.

Les chercheurs précisent que même si d’autres travaux sont nécessaires, il semble que « la mise en tension chez les participants qui ont été stressés volontairement pourrait « griller » les réseaux impliqués dans la maîtrise de soi, en altérant les voies neuronales. » Les effets du stress montrent que la connectivité entre les régions du cerveau, y compris l’amygdale, le striatum et le cortex préfrontal dorsolatéral et ventromédian, est altérée, réduisant pour les individus leur capacité d’exercer un autocontrôle sur les choix alimentaires.

Résultats du stress sur nos bonnes intentions

L’étude montre aussi que ce mécanisme, dans lequel les circuits liés au contrôle sont « bypassés », ne semble pas liée à une production directe de cortisol , l’hormone du stress (sauf quelques cas). Cela dépendrait plus de la représentation et du ressenti qu’ont les participants de ce stress.

Le fait de gâcher ses bonnes habitudes alimentaires n’est pas la seule conséquence néfaste sur notre vie. Il pourrait jouer également dans les comportements qui sont liés au contrôle de soi et aux freins sociaux, comme les accès compulsifs au jeu ou les addictions au tabac ou à l’alcool.

Dans une situation de stress, le cerveau aurait tendance à potentialiser les risques futurs et se trouver de très bonnes raisons de compenser avec une récompense immédiate.

Comment le stress peut saboter notre self-control et comment s’en protéger

Le gros problème dans tout cela c’est que même si vous prenez soin de vous en faisant du sport et en pratiquant une alimentation saine, vous risquez, sans entrainement mental, de vous retrouver dans la situation de ces participants avec des comportements compulsifs qui peuvent se révéler funestes. C’est pourquoi il est conseillé de prendre conseil de sophrologues ou d’hypnothérapeutes afin de vous donner quelques-unes des clés qui vous permettront de ne pas céder au stress, d’en réduire l’impact et surtout de le prévenir, à l’aide d’une pratique quotidienne de méditation de pleine conscience, par exemple.

Référence de l’étude : Acute Stress Impairs Self-Control in Goal-Directed Choice by Altering Multiple Functional Connections within the Brain’s Decision Circuits. Maier et al. Neuron, août 2015.


Photo : Maria Morri (cc)