La sophrologie pour libérer ses talents, selon Alain Lancelot

Animateur, chroniqueur de télévision et de radio depuis la fin des années 90, Alain Lancelot est aussi sophrologue, notamment dans le cadre de TF1 « The Voice« . Il accompagne et aide les jeunes talents à gérer leur stress, leur trac et leurs émotions avant et lors des directs. Il intervient également ponctuellement en radio pour donner des conseils afin de mieux gérer son quotidien sans stress, sur France Info et RTL.

Therapeutes.com l’a rencontré à l’occasion de la sortie de son livre « Libérez votre talent avec la sophrologie » (septembre 2014). Extraits.

Qu’est-ce qui vous amené à la sophrologie ?

C’est ma carrière artistique et médiatique, car je suis à la base quelqu’un de très timide et qui manque de confiance en lui. Comme ça fait 25 ans je travaille en télévision et une bonne partie sur TF1 j’ai eu le temps de trouver un système efficace pour gérer cette timidité et ce manque de confiance. Je ne suis tourné très rapidement vers le travail que l’on peut faire sur soi, ayant compris que si je pouvais descendre très bas, je pouvais aussi remonter très haut grâce à la gestion mentale. Je me suis donc intéressé au fonctionnement de la conscience, à la façon dont le mental pouvait nous aider à réduire l’anxiété, le trac, toutes les formes de stress. J’étais bien placé pour cela, car j’évolue dans un milieu où le stress et la pression sont permanents. Il me fallait trouver des techniques pour gérer cela et aussi amener du bien-être au cœur même de ce métier. Après mes formations de sophrologie, je me suis spécialisé dans l’accompagnement pour la prise de parole, le média-training, la gestion du stress dans entreprises de spectacle.

The Voice - TF1

Vous dites mes formations en sophrologie ?

En effet, je voulais rester ouvert aux différents courants de l’enseignement de la sophrologie, et j’ai donc choisi de faire une double formation, Caycédienne (1) et non- Caycédienne, pour avoir une vision globale d’ensemble. J’ai fait deux ans de formation à l’Académie de psychothérapie et de sophrologie de Paris, et puis à l’Institut de Formation à la Sophrologie de Paris (RNCP de Niveau III). J’ai été passionné par le travail d’Alfonso Caycedo, l’inventeur de la sophrologie dans les années 60, qui a adapté des méthodes traditionnelles orientales aux modes de fonctionnement et de pensée occidentales.

Quelles sont les qualités qui font un bon sophrologue ?

Ce qui compte ce n’est pas de « faire de la sophrologie », c’est d’être un sophrologue, ce qui implique de la bienveillance, une véritable écoute, une écoute active, le fait d’être capable d’accompagner la personne pour lui donner les moyens d’harmoniser son corps et son esprit. Le nom lui-même de sophrologie implique un travail sur la conscience pour obtenir in fine une harmonie en soi. Il faut aussi une grande capacité d’adaptation, car une personne qui vient me voir pour un problème particulier, mais qui en plus vient juste de perdre son travail, demandera une approche spécifique.

Quels sont les éléments essentiels de la pratique sophrologique ?

En premier c’est le travail sur la respiration, qui est crucial dans la pratique. Apprendre à respirer par le ventre notamment est essentiel dans la gestion du stress et en particulier les décharges de cortisol et d’adrénaline. Observez comment dans les moments de stress, lors de chocs émotionnels, vous faites automatiquement une respiration haute, en bloquant vos épaules, ce qui justement va augmenter votre stress. Ce travail de réduction des tensions par la respiration ventrale est indispensable, car c’est le premier pas avant la deuxième phase du travail sophrologique, la mise en état sophronique, par des mouvements de relaxation dynamique. Ensuite on travaille en visualisation positive. Les recherches récentes en neuro-imagerie, l’observation en temps réel du fonctionnement du cerveau a montré clairement que les pensées positives avaient un impact direct sur le corps. La dernière phase du travail en sophrologie est la phéno-description, le temps d’expression orale ou écrite en fin de séance afin que la personne verbalise ses sensations, raconte comment elle a vécu la séance, car il est essentiel de bien prendre conscience de ce qu’on a vécu en profondeur, les picotements éventuels, les contractures, la détente, le sentiment de calme, pour mieux les intégrer psychiquement et physiquement.

Quels rôles jouent les modifications des états de conscience et des états de vigilance en sophrologie ?

Ce sont deux notions très importantes en sophrologie. Les états de conscience relèvent principalement du qualitatif et les états de vigilance sont quantitatifs. Il s’agit de modifier les états de conscience en jouant sur l’état de vigilance. Chacun de nous peut être dans trois états de conscience principaux : ceux qui sont d’ordre « pathologique » dont s’occupe la psychiatrie, l’état de conscience ordinaire, celui que l’on vit au quotidien et troisièmement, l’état de conscience « sophronique ». Ce dernier s’obtient notamment en travaillant sur nos trois niveaux de vigilance possibles, veille, sommeil, et l’entre-deux que l’on appelle sophro-liminal, situé donc entre la veille sommeil. C’est celui où la conscience est la plus ouverte, celui des ondes alpha, le moment où opère le travail de sophrologie.

Faites-vous des liens avec d’autres thérapies comme les Thérapies cognitivo-comportementales ou la méditation de pleine conscience (MDCP) ?

De fait, la sophrologie utilisait déjà ces techniques. Qu’est-ce que la sophronisation, ce travail qui permet  de détendre tout le corps, sinon de la MDPC… On pourrait dire que cette dernière, qui est très à la mode, est finalement la petite sœur de la sophrologie. Je profite de cette occasion pour rappeler que toutes ces pratiques sont avant tout des techniques d’aide, des techniques d’accompagnement complémentaires et qu’elles ne sauraient remplacer en aucun cas le soin médical. Pour revenir aux thérapies, je pense que la différence entre l’hypnose et la sophrologie c’est que la première est plus directive et la seconde plus suggestive. La sophrologie a pou but de rendre la personne autonome au bout d’un certain moment, et d’être capable de continuer à travailler chez elle.

(1) La Sophrologie a été créée en 1960 par le Dr. Alfonso Caycedo. Docteur en médecine et chirurgie, à la fois spécialiste en neurologie et psychiatre a exercé à l’Hôpital-Clinique de Barcelone et comme professeur agrégé de psychiatrie de la faculté de médecine de Barcelone.


(La suite à lire sur Le.Mag : 3 bons conseils à suivre en sophrologie)


Pour en savoir plus :

– Les Français et les médecines alternatives
– Le guide de l’homéopathie du sportif

Photo : Une, JRD; The Voice © TF1